Image Celtiis
Image Celtiis

UEMOA : le recul du chômage à 10,6% au 4e trimestre 2025 masque encore de fortes disparités

Les enquêtes ménages de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dans les principales villes de l’Union révèlent une amélioration modeste du marché du travail au 4e trimestre 2025 : le taux d’occupation atteint 53,7% contre 53,3% le trimestre précédent, et le taux de chômage recule à 10,6% (-0,7 point sur le trimestre, -1 point sur un an), tandis que persistent d’importantes disparités selon le sexe et l’âge.

ECONOMIE
187 vues
Cotonou, la Capitale du Bénin
Cotonou, la Capitale du Bénin Photo: Présidence du Bénin
3 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Pigier Cisco

Ces résultats, issus des relevés urbains de la BCEAO, traduisent une capacité légèrement accrue des économies urbaines de l’UEMOA à absorber la main-d’œuvre, malgré un contexte économique marqué par des tensions et une inflation encore présente. Les chiffres fournis comparent la situation avec le trimestre antérieur et la même période de l’année précédente.

La lecture fine des données met en évidence une progression de l’emploi accompagnée d’un recul du chômage, mais aussi des fragilités structurelles : le poids de l’économie informelle et la précarité des emplois continuent de limiter l’amélioration de l’inclusion sur le marché du travail.

Disparités fortes par sexe et par âge

Le panorama sectoriel et démographique fait apparaître des écarts persistants. Le taux de chômage demeure nettement plus élevé chez les femmes, à 15,5%, un niveau pratiquement stable par rapport au trimestre précédent. Pour les hommes, la baisse est plus nette : le chômage s’établit désormais autour de 6%.

Ces écarts reflètent, selon les observations de la BCEAO, des obstacles structurels à l’entrée des femmes sur le marché du travail formel, notamment un accès plus restreint à la formation, au financement et aux réseaux professionnels. Par ailleurs, une part significative des emplois occupés par les femmes reste concentrée dans l’informel et dans des activités à faible productivité.

L’analyse par tranche d’âge montre des trajectoires contrastées. Les 35-64 ans voient leur taux de chômage baisser de 1,2 point sur le trimestre, pour s’établir à 6,5%. Les 25-34 ans affichent un niveau de chômage à 17,1%, avec une amélioration plus modeste. À l’opposé, les jeunes de 15-24 ans connaissent une détérioration : leur taux de chômage augmente de 2,5 points et atteint 21%.

La hausse du chômage des 15-24 ans souligne la difficulté d’accès au premier emploi dans des économies où la création d’emplois formels accuse un retard par rapport à la croissance démographique et à l’arrivée des entrants sur le marché du travail. Les indicateurs disponibles pointent également la lenteur relative des transitions des jeunes vers des emplois stables et de qualité.

Au cœur des constats figurent la prégnance de l’informel, la fragilité des emplois créés et les inégalités d’accès au marché du travail, éléments repris par la BCEAO dans son commentaire des données

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
13:55 Madagascar : l’OMS et l’UNFPA publient un rapport alarmant sur la santé reproductive