Ouganda : le National Unity Platform défend le départ à l’étranger de Bobi Wine
Le chef de l’opposition ougandaise, Robert Kyagulanyi — plus connu sous le nom de scène Bobi Wine — a annoncé le 14 mars 2026 qu’il se trouvait désormais à l’étranger, après avoir passé près de deux mois en clandestinité à la suite du scrutin très contesté du 15 janvier 2026. Les autorités et les partisans s’étaient affrontés autour de sa résidence, qui avait été placée sous surveillance par les forces de sécurité avant son départ.

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Selon le National Unity Platform (NUP), ce départ n’est pas un exil définitif mais une étape tactique. Le parti explique que son leader se rend à l’étranger pour rencontrer des responsables politiques et dialoguer avec la diaspora ougandaise afin de renforcer la pression sur le pouvoir en place.
Joel Ssenyonyi, porte‑parole du NUP, a précisé que ces missions à l’international visent à mobiliser la communauté internationale et d’autres dirigeants dans le but de faire peser davantage de contraintes sur le régime en place. Le parti insiste sur le caractère temporaire de ce déplacement et sur son objectif de coordination politique.
La direction de la NUP souligne par ailleurs que l’organisation a été structurée de manière à poursuivre ses activités même en l’absence de son principal animateur, rappelant que des déplacements antérieurs de Bobi Wine n’avaient pas interrompu le fonctionnement interne du mouvement.
Un lieu tenu secret
Pour des raisons de sécurité, la localisation exacte de Robert Kyagulanyi n’a pas été dévoilée. Ses proches indiquent que ses entretiens internationaux pourraient s’étendre sur plusieurs semaines avant qu’un retour en Ouganda ne soit programmé.
Les responsables du NUP établissent un parallèle historique avec la trajectoire de Yoweri Museveni, qui, dans les années 1980, avait tiré parti du soutien populaire pour survivre à une période de clandestinité. Ils affirment que Bobi Wine disposait lui aussi d’un réseau de soutiens lui permettant de se maintenir caché durant plusieurs semaines.
Sur le plan politique, le contexte demeure tendu après la réélection contestée de Yoweri Museveni, 81 ans, qui gouverne l’Ouganda depuis 1986. Robert Kyagulanyi, âgé de 44 ans, avait pris la fuite immédiatement après le scrutin du 15 janvier 2026.
Par ailleurs, les publications polémiques du fils du président et chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba, sur la plateforme X ont attisé les tensions : il avait, selon des captures rapportées, posté un message appelant à la mort de Bobi Wine, message ensuite effacé. Muhoozi s’était également montré satisfait de la mort d’une trentaine de membres de l’opposition et de l’arrestation d’environ 2 000 sympathisants après le vote, des chiffres relayés par des observateurs et des organisations de défense des droits.



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