Nigeria : lancement en mars d’un nouveau type de pétrole brut
Le Nigeria prépare l’arrivée en mars d’un nouveau grade pétrolier léger baptisé « Cawthorne », que la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) entend exporter via sa flotte de stockage. Cette annonce intervient alors que le pays multiplie les initiatives pour rétablir et accroître ses volumes d’exportation après des années de sous-performance liées à l’insécurité et au vandalisme.

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Selon les informations disponibles, le Cawthorne affiche une densité API de 36,4 et une teneur en soufre d’environ 0,14 %, des spécifications rapprochées du Bonny Light, brut nigérian très recherché par les raffineurs pour ses rendements en essence et diesel. La faible teneur en soufre réduit les coûts de traitement et répond aux préoccupations de qualité environnementale des marchés internationaux.
La NNPC a lancé un appel d’offres pour un chargement programmé les 24 et 25 mars, et des sources proches du dossier indiquent que la première cargaison est attendue au cours de la troisième semaine de mars. L’exportation se fera via l’unité flottante de stockage et de déchargement (FSO/FPSO) Cawthorne, équipée d’une capacité de stockage de 2,2 millions de barils et destinée à desservir la production du permis OML 18 et des champs adjacents dans l’est du delta du Niger.
Données opérationnelles, impact sur l’offre et contexte OPEP+
Des analyses de marché, notamment celles de Kpler, estiment que l’introduction de ce nouveau grade pourrait porter l’offre nigériane combinée de bruts et condensats d’environ 1,65 million de barils par jour (mbj) à près de 1,7 mbj pour le reste de l’année, à condition de maintenir la stabilité opérationnelle et une demande soutenue. Ces projections reposent sur l’hypothèse que les infrastructures resteront disponibles et que les cargaisons pourront être assurées sans interruption majeure.
Le Cawthorne s’inscrit dans une série de lancements opérés récemment par la NNPC : Utapate a été commercialisé en 2024 et Obodo en 2025. Selon les experts, la multiplication des qualités de brut permet au producteur public de mieux cibler différents segments de marché, d’ajuster ses offres commerciales et d’accroître sa flexibilité tarifaire face à une demande mondiale volatile.
Au plan institutionnel, le Nigeria conserve un quota officiel fixé à 1,5 mbj au sein de l’OPEP+. En janvier, les chiffres du cartel indiquent une production nigériane d’environ 1,48 mbj, proche de ce plafond autorisé. Les autorités nigérianes ont pointé par le passé le vol de brut, le sabotage d’oléoducs et les violences dans le delta du Niger comme facteurs majeurs ayant limité la production effective ces dernières années.
Sur le plan financier, l’arrivée de nouvelles qualités susceptibles d’être appréciées des raffineurs peut influer sur les recettes d’exportation : un brut léger et faiblement sulfuré tend à améliorer la valeur commerciale des cargaisons et à alléger certains coûts de raffinage. Parallèlement, la mise en place et l’exploitation de l’unité FSO/FPSO Cawthorne constituent un élément concret de soutien à la production du périmètre OML 18

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