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Madagascar : l’OMS et l’UNFPA publient un rapport alarmant sur la santé reproductive

Un rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la Santé et du Fonds des Nations unies pour la population, rendu public le 23 mars, dresse un tableau inquiétant de la santé reproductive à Madagascar. En deux décennies, la baisse de la mortalité maternelle est restée limitée, tandis que le phénomène des grossesses d’adolescentes reste particulièrement élevé : 143 grossesses pour 1 000 filles âgées de 15 à 19 ans, un niveau supérieur aux moyennes régionales et mondiales.

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Madagascar: un rapport présente un état des lieux alarmant de la santé reproductive
<span>Au cœur de Madagascar, en plein pays Zafimaniry, plus d'une adolescente sur cinq a déjà donné naissance à son premier enfant. Les facteurs influençant cette situation incluent les croyances culturelles, les contraintes financières et la proximité des services de santé.</span> <span>© RFI/Sarah Tétaud</span>
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L’enquête, conduite dans douze régions de l’île, identifie plusieurs facteurs au cœur de cette situation : des accouchements sans assistance médicale, des grossesses non désirées, l’accès insuffisant aux moyens de contraception et la pratique d’avortements en dehors du circuit de soins. Ces constats pointent l’inefficacité des approches actuelles en matière de santé reproductive et plaident pour des changements profonds dans les politiques publiques.

Toky Rajoelina, directrice de la Santé familiale au ministère de la Santé, rappelle que l’avortement demeure illégal à Madagascar, tout en signalant que les établissements de soins traitent néanmoins des complications liées à ces interruptions de grossesse : elles représentent environ 6 % des admissions de femmes enceintes dans les hôpitaux.

L’utilisation des méthodes contraceptives modernes reste limitée : seulement 43 % des femmes mariées âgées de 15 à 49 ans y ont recours, nettement en deçà de l’objectif fixé à 60 % pour 2030. Chez les adolescentes et jeunes femmes de moins de 20 ans, le taux d’utilisation chute encore à 38 %.

Défaillances structurelles et pistes d’intervention

Le document met en lumière des lacunes organisationnelles persistantes : ruptures fréquentes de stocks de contraceptifs, pénurie de personnels formés et équipements inadéquats dans de nombreux centres de santé. Dans certains districts, les maternités ne disposent que d’un seul lit pour les accouchements, ce qui compromet la qualité et la sécurité des soins.

À ces limites matérielles s’ajoutent des obstacles socioculturels importants. Le refus du partenaire explique une grande partie des usages dissimulés de contraception, estimés entre 80 et 90 % des cas, selon le rapport, renforçant le caractère complexe des interventions à mener.

Interrogé sur les mesures à prendre, le représentant de l’OMS à Madagascar, le docteur Maurice Ye, insiste sur la double nécessité : améliorer la disponibilité effective des contraceptifs et intensifier les actions de sensibilisation afin que ces produits soient effectivement utilisés par les populations concernées.

Parmi les recommandations formulées figurent la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement en contraceptifs, le renforcement de l’éducation sexuelle au sein des établissements scolaires et l’ouverture d’un débat sur la légalisation de l’avortement thérapeutique, revendication soutenue par une majorité de professionnels de santé.

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