Les 10 pays africains jugés les plus risqués par les investisseurs en 2026
Les chiffres proviennent des travaux du professeur Aswath Damodaran de l’université de New York, repris et étudiés par Visual Capitalist. Ils montrent que les primes de risque sur actions — les rendements additionnels exigés pour compenser le risque propre à chaque pays — présentent de fortes disparités liées à la stabilité économique, à la qualité de la gouvernance et aux enjeux géopolitiques.

SOMMAIRE

Dans les économies les plus stables, ces primes se situent autour de 4 à 5 %, tandis que dans des États fragiles ou en proie à des conflits elles dépassent parfois 30 %. Cette amplitude illustre l’impact de l’instabilité politique, de la faiblesse institutionnelle et des difficultés économiques sur les exigences des investisseurs.
Pour établir ces estimations, la méthodologie de Damodaran s’appuie sur les notations souveraines attribuées par des agences telles que Moody’s, qui renseignent sur la probabilité de remboursement de la dette d’un pays.
Points saillants
Ces notations sont transformées en un « écart de risque de défaut », correspondant au rendement supplémentaire réclamé pour couvrir ce risque, puis ajustées pour tenir compte de la volatilité plus importante des marchés actions par rapport aux obligations d’État. Ces ajustements visent à fournir une évaluation plus réaliste du risque pays, en particulier pour les marchés émergents et frontières.
Le Soudan figure en tête du classement africain et mondial, à égalité avec le Bélarus, le Liban et le Venezuela, tous affichant une prime de risque de 30,9 %, un niveau que le rapport associe à une crise politique persistante.
La Somalie et le Niger restent exposés à une insécurité et à une instabilité politique durables. Le Mozambique fait face à des risques d’insurrection dans son nord, région riche en gaz.
La fragilité macroéconomique est déterminante dans d’autres pays : le Malawi et l’Éthiopie subissent des pressions monétaires et présentent des vulnérabilités liées à l’endettement. Le Gabon et la Guinée ont connu des épisodes d’instabilité politique, marqués notamment par des coups d’État ou des transitions contestées.
Le Libéria, en cours de reconstruction après des crises antérieures, demeure structurellement vulnérable.
À l’autre extrémité, des économies avancées comme le Canada, l’Allemagne, la Suisse, Singapour, la Suède et les Pays-Bas affichent des primes de risque sur actions proches de 4,2 %, les classant parmi les destinations d’investissement les plus sûres.
Les États-Unis présentent une prime légèrement supérieure, à 4,5 %, mais restent dans la catégorie des pays à faible risque.
Ces marchés bénéficient d’institutions solides, d’une gouvernance stable, de marchés de capitaux profonds et d’environnements politiques prévisibles — des caractéristiques en grande partie absentes des économies africaines à risque élevé.
L’Afrique offre un potentiel de croissance important, mais elle impose aussi des primes de risque nettement plus élevées, ce qui influence les flux de capitaux et les décisions d’investissement sur le continent.



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