Kenya : lancement des premières injections d’un traitement préventif contre le VIH
Jeudi 26 février 2026, le Kenya a lancé officiellement l’administration d’un traitement préventif injectable contre le VIH, le lénacapavir, qui se donne deux fois par an. Présentée par les autorités sanitaires comme une avancée majeure, cette option longue durée vise à remplacer, pour certains publics, la prise quotidienne de comprimés prophylactiques.

SOMMAIRE
Le choix du Kenya se fait dans un contexte épidémiologique préoccupant : la prévalence du VIH est estimée à environ 3,7 % au niveau national et atteint jusqu’à 10 % dans plusieurs poches géographiques. Ces chiffres ont renforcé l’urgence d’introduire des outils additionnels pour la prévention, d’autant que l’Organisation mondiale de la santé a recommandé le lénacapavir comme option complémentaire de PrEP.
Pour sa première phase de déploiement, le gouvernement a identifié quinze comtés prioritaires. Ces territoires, choisis en fonction de la charge de l’épidémie et des besoins des populations à risque, serviront de sites pilotes pour mesurer l’acceptabilité et l’impact du produit avant une extension plus large.
Les promoteurs du dispositif soulignent des avantages concrets : une réduction de la contrainte quotidienne liée aux pilules, une meilleure observance attendue et une discretion accrue pour les personnes qui préfèrent ne pas révéler leur recours à la prévention orale. Le schéma semestriel du lénacapavir pourrait ainsi supprimer un obstacle fréquent à l’accès à la PrEP.
Mise en œuvre, défis et perspectives
Le lancement ouvre désormais la phase opérationnelle, avec des enjeux logistiques importants : formation du personnel soignant, organisation des centres de vaccination ou de prévention, approvisionnement régulier et traçabilité des doses. Des systèmes de suivi devront aussi être renforcés pour enregistrer les initiations, les réinjections et les effets indésirables éventuels.
Parmi les obstacles anticipés figurent le coût du produit, la disponibilité suffisante des doses et la nécessité d’une communication ciblée pour convaincre les populations vulnérables. Les responsables sanitaires devront aussi veiller à intégrer ce nouvel outil dans les stratégies existantes sans fragiliser l’accès aux traitements antirétroviraux pour les personnes vivant avec le VIH.
Plusieurs partenaires internationaux et organismes de santé publique seront déterminants pour assurer un approvisionnement soutenable et financer la montée en puissance du programme. Des études d’impact épidémiologique et des évaluations d’acceptabilité sont prévues afin d’ajuster la stratégie et d’envisager, si les résultats sont favorables, une généralisation au-delà des quinze comtés initiaux.
La mise en circulation du lénacapavir au Kenya marque donc le début d’une nouvelle étape dans la prévention du VIH, dont l’efficacité à grande échelle sera suivie de près par les autorités nationales et la communauté internationale.

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