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Fête du vodoun et défi de modernité: l’urgence de réflexion au delà des manifestations cultuelles

Au Bénin, les gardiens de la tradition commémorent ce lundi 10 Janvier 2021, la fête des religions endogènes. La ville historique de Ouidah est retenue pour les manifestations officielles. Au delà du caractère festif de cette fête, les dignitaires des religions endogènes doivent réfléchir sur l’avenir de leurs pratiques religieuses confrontées au modernisme.

C’est devenu une tradition depuis plusieurs décennie. Les 10 Janvier de chaque année sont consacrés au religion endogènes du Bénin. Ouidah qui a été le berceau de cette fête initiée en 1995 par l’ancien président-maire Nicéphore Soglo abrite ce lundi les manifestations officielles.

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Moment de libation, de chants, de danses, de rituels et de sacrifices d’animaux, la fête des religions endogènes perd chaque année la ferveur des premières éditions. En réalité, la fête des religions endogènes est confrontée au modernisme qui n’a que cure des pratiques d’une autre époque et qui se ferme à toute adaptation.

En effet, pour la pérennité de ces manifestations cultuelles, les dignitaires des religions endogènes doivent au delà de la tradition reçue des ancêtres, faire un effort d’adaptation de leurs pratiques religieuses à l’époque contemporaine tout en évacuant certaines pratiques cultuelles qui peuvent être modernisées.

Voir un être humain égorgé un animal avec des dents par exemple, n’est plus une pratique acceptable au 21ème siècle. La modernisation des pratiques religieuses endogène doit constituer un sujet de réflexion pour les gardiens de la tradition. Ils ont le choix d’anticiper où de se voir rattraper par la désuétude de certaines pratiques.

La nécessaire métamorphose…

Certaines pratiques traditionnelles sont à réformées. Certains dignitaires du culte vodoun en sont d’ailleurs conscients. Si le débat sur la nécessité de moderniser les pratiques cultuelles ne fait pas encore l’unanimité en leur sein, il y a bien des garants de la tradition qui militent pour que leurs pratiques religieuses ne soient pas un frein à la volonté des gouvernants de travailler à la construction de villes modernes.

Ainsi, avec l’extension du réseau électrique et l’asphaltage dans certaines villes du pays, des têtes couronnées se sont réunis il y a quelques mois, pour réfléchir sur la nécessité d’accompagner les efforts du gouvernement dans sa quête de moderniser certaines villes phares pour en faire des pôles d’attractions touristiques.

A la faveur d’un atelier de travail auquel a pris part des têtes couronnées, des dignitaires du culte vodoun et autres gardiens de la tradition, ils ont tenté de trouver des voies et moyens de concilier certaines pratiques traditionnelles à la modernisation de certaines villes.

Au cours des échanges, il a été décidé de faire de la sensibilisation pour que des sacrifices d’animaux où autres sacrifices communément appelés « vô » ne soient plus déposés sur les voies asphaltées ou des espaces aménagés. Un début d’effort qui nécessite d’être approfondi afin que les pratiques traditionnelles s’adaptent à leur temps pour cesser d’être cette chose perçue comme répulsive par certains. Des pratiques qui perdent de plus en plus de terrain face à l’extension des religions dites « importées ».

Rien n’est immuable dans la vie; même pas des pratiques religieuses

Le monde dans lequel nous vivons est assez dynamique. L’évolution qu’il induit nécessite des adaptations permanentes. Refuser de s’ouvrir à cette évolution ressemble plutôt à de l’auto condamnation et les pratiques religieuses du Bénin ne doivent pas s’inscrire dans ce registre.

Même si la foi chrétienne a été reçue des premiers témoins, elle traverse les âges en s’adaptant à l’évolution du monde à travers des synodes qui sont d’intenses moments de réflexions pour faire évoluer la foi et la pratique reçues des apôtres de Jésus-Christ.

Les religions endogènes ne doivent pas échapper à cette réalité. Certaines pratiques reçues des ancêtres correspondaient à une période donnée de leur existence et ne doivent ou ne peuvent forcément pas être maintenues dans le temps. Des réformes s’imposent donc. Pour la pérennité de ces pratiques, elles doivent être soustraites de l’obscurité des couvents pour s’ouvrir à la lumière du temps, puisque le Bénin ne doit pas rester loin du siècle des lumières.

1 commentaire
  1. Yemi dit

    Le fond de l’article est bon et est à saluer!
    On tue encore des femmes dans ce Bénin, sous prétexte qu’elles sont sorties à des moments interdits. Kérékou avait en son temps mis fin à ces pratiques en déployant ses commandos. Ce triste Soglo a tout remis en cause. On attend de voir ce que fera Talon!

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