Côte d’Ivoire : le Port autonome d’Abidjan dément les rumeurs de perte liée à l’AES
En dépit des rumeurs persistantes sur une supposée perte mensuelle de 23 milliards de FCFA liée à l’AES et à un désengagement du Burkina Faso et du Mali, les chiffres officiels publiés le 12 février 2026 par le Port autonome d’Abidjan (PAA) démentent ces affirmations, selon Linfodrome.

En 2025, le port d’Abidjan affiche une croissance record de 16,1 %, avec un trafic global de 46,6 millions de tonnes, contre 40,1 millions en 2024. Une performance inédite qui conforte son statut de principal hub logistique d’Afrique de l’Ouest.
La dynamique est d’abord portée par l’activité nationale. Le trafic domestique progresse de près de 20 %, passant de 28,5 à 34,2 millions de tonnes en un an. Industrie agroalimentaire, BTP, énergie et importations de biens de consommation : l’ensemble des filières a contribué à cette hausse, consolidant le rôle stratégique du port dans les échanges commerciaux ivoiriens et les recettes fiscales.
Le trafic conteneurisé confirme cette tendance. En 2025, 1 697 131 EVP ont été manutentionnés, contre 1 646 304 en 2024, soit une hausse de 3,1 %. Pour la deuxième année consécutive, le cap du million de conteneurs est largement dépassé. L’objectif affiché est d’atteindre 2 millions d’EVP à l’horizon 2027 et d’intégrer durablement le top 100 mondial. Autre indicateur clé : la reprise des échanges avec l’hinterland. Le trafic en transit bondit de 34,1 %, atteignant 3,92 millions de tonnes.
Au Burkina Faso, après un recul de 6,6 % en 2024, les volumes repartent à la hausse avec 2 400 111 tonnes en 2025 (+16,6 %). Du côté du Mali, la progression est encore plus marquée : le trafic passe de 835 216 tonnes à 1,47 million de tonnes, soit une hausse spectaculaire de 76,4 %. Des performances qui traduisent la solidité du corridor abidjanais et la confiance maintenue des opérateurs économiques sahéliens. Seul point d’ombre : le transbordement recule légèrement de 1,9 %, à 8,46 millions de tonnes. Le PAA évoque des contraintes liées à la congestion et aux capacités de desserte.
Dans un contexte régional concurrentiel, marqué par la montée en puissance des ports de Port autonome de Lomé, Ghana Ports and Harbours Authority à Tema et Port autonome de Dakar, Abidjan poursuit sa stratégie d’investissement. Depuis 2012, plus de 1 000 milliards de FCFA ont été injectés dans la modernisation des infrastructures : extension des quais, nouveau terminal à conteneurs, amélioration de la productivité et sécurisation des opérations. Des investissements qui permettent aujourd’hui au port ivoirien de consolider sa position et d’aborder un nouveau cycle de croissance à moyen et long terme.

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