Centrafrique : mort suspecte d’un policier après l’évasion du chef rebelle Nourd Grégaza

En République centrafricaine, la découverte du corps d’un policier arrêté après l’évasion spectaculaire du chef rebelle Nourd Grégaza relance de graves inquiétudes sur le respect de l’État de droit. L’affaire met en lumière les zones d’ombre entourant la gestion sécuritaire et judiciaire des dossiers sensibles à Bangui.

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Centrafrique: un policier arrêté après l'évasion du chef rebelle Nourd Gregaza retrouvé mort
Centrafrique: un policier arrêté après l'évasion du chef rebelle Nourd Gregaza retrouvé mort
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SOMMAIRE

Romaric Mokoboulou, policier en service à Bangui, avait été arrêté mi-décembre 2025, dans la foulée de l’évasion de Nourd Grégaza, chef rebelle et figure controversée de la scène politico-militaire centrafricaine. Ce dernier s’était échappé dans la nuit du 14 au 15 décembre 2025 du centre de détention de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), une unité d’élite de la police nationale.

Mokoboulou, ainsi que deux autres agents, avait été immédiatement interpellé pour une suspicion de complicité. Mais depuis son arrestation, aucune information officielle n’avait été communiquée sur son sort. Il n’a jamais été présenté à un juge, ni formellement inculpé.

Un corps retrouvé à la morgue de Bangui

Le 2 février 2026, soit plusieurs semaines après sa détention, le corps de Romaric Mokoboulou a été découvert à la morgue de l’hôpital général de Bangui. Selon des sources proches du dossier, le corps était dans un état de décomposition avancée, laissant supposer une mort survenue bien avant sa découverte officielle.

À ce stade, aucune déclaration des autorités centrafricaines n’a été faite pour expliquer les circonstances du décès, ni pour confirmer la date ou la cause exacte de la mort. Ce silence alimente les soupçons de torture, d’exécution extrajudiciaire ou de détention ayant conduit à la mort sans procédure légale.

Deux autres policiers arrêtés en même temps que Mokoboulou — Adouma Apollinaire et Gazi Emmaüs — demeurent portés disparus. Comme leur collègue, ils n’ont jamais été présentés à la justice et leur lieu de détention reste inconnu. Leur situation renforce les craintes d’une pratique systémique de détentions secrètes, voire d’exécutions extrajudiciaires, dans un contexte sécuritaire tendu.

La famille de Romaric Mokoboulou réclame la restitution de son corps et exige des explications claires sur les conditions de sa détention et de son décès. De leur côté, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une violation grave des droits fondamentaux.

La Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH) qualifie la mort du policier d’« extrajudiciaire » et appelle à une enquête indépendante et impartiale. Elle réclame également une audience auprès du président Faustin-Archange Touadéra, afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Où est passé Nourd Grégaza ?

Pendant que la polémique enfle autour de la mort du policier, le principal protagoniste de cette affaire demeure introuvable. Nourd Grégaza, chef du Parti pour le Rassemblement de la Nation Centrafricaine (PRNC), est toujours en fuite à ce jour. Les autorités ont confirmé son évasion mais n’ont fourni aucune information sur sa localisation ni sur d’éventuelles opérations de recherche. Des hypothèses évoquent une exfiltration vers des zones rebelles du nord-est du pays, voire vers l’étranger.

Fin décembre 2025, une lettre attribuée à Grégaza a circulé, adressée au président Touadéra, dans laquelle il affirmait que des membres de sa famille avaient été arrêtés, laissant entendre qu’il était toujours vivant et libre.

Nourd Grégaza est un chef rebelle centrafricain, fondateur et président du PRNC, un groupe armé créé en 2019 à partir d’une scission du FPRC. D’ethnie gula et présenté comme un proche parent de l’ex-président Michel Djotodia, il est accusé par les autorités centrafricaines et l’ONU de pillages, d’attaques armées, de prises d’otages et de violations graves des droits humains.

Ancien détenu en France pour homicide, il avait été expulsé vers Bangui en septembre 2024, avant d’être arrêté sur mandat international, puis détenu à l’OCRB.

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