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Cacao en Côte d’Ivoire : le SYNAPCI exige le paiement des producteurs et la suspension des nouveaux prix

La crise qui secoue la filière café-cacao prend une tournure de plus en plus préoccupante dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. En tournée de mobilisation, le président du SYNAPCI, Koné Moussa, a rassemblé près de 20 000 producteurs à Méo, dans le département de Toulepleu, faisant de cette étape une véritable démonstration de force.

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Le prix du cacao chute de 57% à 1 200 FCFA/kg pour la campagne i
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Dans une atmosphère à la fois grave et déterminée, autorités administratives, chefs coutumiers et acteurs de la filière ont pris la mesure du malaise profond qui traverse le monde agricole. Dès l’entame de son intervention, le leader syndical a dressé un constat sévère, évoquant une filière plongée dans « une période de profondes turbulences ».

Au centre des tensions, un blocage quasi total de la commercialisation, alors même que les producteurs ont déjà livré leurs récoltes sur la base d’un prix garanti de 2 800 F CFA/kg pour la campagne 2025-2026. Résultat : entre 55 000 et 60 000 tonnes de cacao restent impayées, « pesées à crédit », sans règlement effectif, plongeant de nombreuses familles dans une précarité inquiétante. Une situation qui alimente un fort sentiment d’injustice chez les planteurs.

Le SYNAPCI dénonce une gestion qu’il juge défaillante, pointant notamment l’introduction de cacao en provenance de pays voisins comme le Ghana et la Guinée, au détriment de la production nationale. Le syndicat évoque également des zones d’ombre financières, avec 11 milliards de F CFA introuvables sur les 291 milliards annoncés pour le rachat des stocks.

Autre point de crispation majeur : la volonté d’imposer un prix de 1 200 F CFA/kg pour la petite campagne, une décision vivement contestée par les producteurs. « Nous n’acceptons pas le prix de 1 200 F tant que les stocks payés à 2 800 F ne sont pas écoulés », a martelé Koné Moussa, dénonçant également l’ouverture anticipée de la petite campagne par le Conseil Café-Cacao (CCC), alors que les stocks de la grande campagne restent invendus. Le SYNAPCI fustige une politique qu’il estime défavorable aux planteurs, qu’il accuse d’être « réduits à l’état d’esclaves ».

Dans ce contexte tendu, le syndicat appelle à un blocage total de la commercialisation. « Tant que nos stocks ne seront pas évacués, rien ne quittera nos plantations pour Abidjan ou San Pedro », a prévenu son président. Sur le terrain, la mobilisation est massive et les producteurs affichent une unité de façade. Tous disent suivre les mots d’ordre du SYNAPCI pour défendre leurs intérêts. La crise dépasse désormais le seul cadre économique, avec des répercussions sociales marquées par les difficultés financières et les retards de paiement.

Si Koné Moussa tente d’apaiser les tensions concernant les projets de reboisement, assurant que « rien ne se fera par la force », il indique avoir saisi les plus hautes autorités pour ouvrir des discussions. À Méo, les producteurs ont salué son engagement en lui attribuant le nom traditionnel « Mian », symbole de protection et de légitimité.

La tournée du SYNAPCI se poursuivra à Duékoué, avec pour objectif de renforcer la mobilisation. Le syndicat appelle désormais à une intervention urgente du gouvernement afin de désamorcer la crise. Il exige notamment la clarification des flux financiers, le paiement intégral des producteurs, la priorité à la production nationale et la reprise du dialogue avec les acteurs de la filière.

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