Bénin : Succès des sukuks stimule la finance islamique en Afrique

Début février 2026, le Bénin a placé sur les marchés internationaux son premier sukuk souverain, une émission conformes aux règles de la finance islamique qui a été largement sursouscrite et qui a attiré l’attention d’investisseurs du Moyen-Orient et d’Asie, ont rapporté plusieurs sources dont Reuters. Selon des informations publiées sur SikaFinance, l’opération fait partie d’un plan plus vaste de levées de fonds pour un montant total annoncé de 850 millions de dollars, dont 500 millions via des sukuks.

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La finance islamique gagne du terrain en Afrique après le succès des sukuks du B
La finance islamique gagne du terrain en Afrique après le succès des sukuks du B
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L’émission béninoise illustre l’intérêt croissant pour les instruments financiers islamiques en Afrique, un continent où certains États cherchent à diversifier leurs sources de financement face à la volatilité des marchés traditionnels. L’ampleur de la demande pour ce premier sukuk souverain du Bénin a signalé aux acteurs du marché la capacité des petits États à mobiliser des capitaux substantiels en recourant à des produits conformes à la charia.

Au-delà du Bénin, plusieurs pays africains envisagent ou développent des stratégies similaires. Le Nigeria, qui dispose déjà d’un marché actif de sukuks depuis plusieurs années, étudie des émissions supplémentaires destinées au financement d’infrastructures. L’Algérie et le Sénégal sont, selon Reuters, en phase de préparation de leurs premières émissions souveraines conformes aux principes de la finance islamique.

Pourquoi les sukuks séduisent les États et les investisseurs

Les sukuks se présentent comme des certificats de participation dans des actifs productifs, offrant un rendement lié à la performance de l’actif sous-jacent plutôt qu’un taux d’intérêt fixe traditionnel. Cette structure permet de proposer des instruments financièrement comparables aux obligations classiques tout en respectant l’interdiction de l’intérêt (riba) et d’autres principes de la charia. Pour les États africains, les avantages cités par les analystes incluent l’accès à une nouvelle base d’investisseurs, notamment du Golfe et d’Asie, et la possibilité de diversifier le profil des créanciers souverains.

La mise en place de sukuks souverains implique toutefois des exigences techniques et institutionnelles. Il est nécessaire de structurer l’opération autour d’actifs admissibles, d’adapter la documentation légale aux contraintes religieuses et commerciales, et souvent de solliciter des avis de juristes en droit islamique et en droit financier international. Les marchés secondaires et la liquidité restent des préoccupations pour les investisseurs internationaux, tout comme la notation des émissions et la transparence des usages des fonds levés.

Le succès de l’opération béninoise a été relayé par la presse économique internationale et par les acteurs locaux de la finance, qui y voient un signal favorable pour la diversification des sources de financement public. Des acteurs étatiques et privés au Nigeria, en Algérie et au Sénégal examinent aujourd’hui les modalités techniques, réglementaires et fiscales nécessaires à la conduite de leur propre émission souveraine

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