Côte d’Ivoire : le PDCI-RDA veut se restructurer après une année 2025 tumultueuse
Fragilisé par une année 2025 marquée par des revers électoraux et des tensions judiciaires, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), principale formation de l’opposition ivoirienne, amorce une profonde restructuration. Impulsée par son président Tidjane Thiam, actuellement en France, cette refondation vise à moderniser l’appareil partisan et à préparer les prochaines échéances électorales prévues en 2026.

SOMMAIRE
Le porte-parole du PDCI-RDA qualifie l’année écoulée de « tumultueuse ». Plusieurs facteurs ont contribué à cette séquence difficile dont les crises internes, les contentieux judiciaires et contre-performances électorales. Aux élections législatives du 27 décembre 2025, le parti a perdu environ la moitié de ses sièges par rapport au scrutin de 2021, affaiblissant son poids à l’Assemblée nationale pour la législature 2026-2030, ouverte en janvier dernier.
Quelques semaines plus tôt, lors de la présidentielle du 25 octobre 2025, le président sortant Alassane Ouattara a été réélu. La candidature de Tidjane Thiam, quant à elle, a été invalidée, privant le parti d’une participation directe à cette compétition majeure.
L’année 2025 a également été marquée par des procédures judiciaires visant Tidjane Thiam. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes à son encontre, notamment pour diffamation et outrage à magistrat, à la suite de déclarations publiques critiques envers le système judiciaire ivoirien. Ces affaires ont contribué à l’exil provisoire de Tidjane Thiam en France depuis près d’un an. Le parti évoque des « situations » judiciaires non précisées pour justifier son absence du territoire national.
Parallèlement, des contentieux internes liés à la succession d’Henri Konan Bédié et au contrôle des instances du parti ont donné lieu à des batailles judiciaires. Certaines décisions de justice contestées, des interdictions d’activités et des tensions organisationnelles ont entravé la préparation des échéances électorales. Ces soubresauts ont fragilisé la cohésion interne du parti et pesé sur ses performances électorales.
Une restructuration pour rebondir
Face à ce contexte, le PDCI-RDA a lancé en janvier 2026 un processus de restructuration interne. Le secrétaire exécutif, Calice Yapo, a conduit des consultations inclusives associant militants, femmes, jeunes et élus. Près de 300 propositions de réforme ont été recensées. Ces contributions doivent alimenter un débat au sein du Bureau politique, dont la date reste à fixer. L’objectif affiché est de refonder l’organisation du parti et redynamiser sa stratégie politique.
Depuis la France, Tidjane Thiam pilote cette phase de réorganisation. Son absence prolongée alimente les comparaisons symboliques avec des figures historiques ayant dirigé à distance avant un retour dans leur pays lorsque « les conditions seront favorables ».
La restructuration intervient à un moment stratégique. Après la présidentielle d’octobre 2025 et les législatives de décembre 2025, les prochaines échéances majeures sont les élections municipales et régionales prévues en 2026, conformément au cycle quinquennal ivoirien. Aucune date précise n’a encore été fixée par la Commission électorale indépendante (CEI).
Ces scrutins locaux constituent un enjeu crucial pour le PDCI-RDA. Ils représentent une opportunité de reconquête territoriale et de réaffirmation politique face au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti au pouvoir. La direction du parti affirme vouloir miser sur l’unité interne, la mobilisation militante et un renforcement de l’ancrage local pour regagner des positions perdues.

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