Burkina Faso : Le GRAAD quantifie les charges domestiques non rémunérées
Le Groupe de Recherche et d’Analyse Appliquées pour le développement (GRAAD Burkina) a lancé, ce mercredi 28 janvier 2026 à Ouagadougou, un atelier de réflexion et de co‑construction consacré à la gestion de l’eau et de l’assainissement, visant à identifier des solutions pour alléger les tâches domestiques pesant sur les femmes et les filles en Afrique de l’Ouest et Centrale. Réuni sur deux jours, l’événement mobilise une trentaine de participants en présentiel et une cinquantaine en ligne et s’inscrit dans un projet régional engagé depuis avril 2025.

SOMMAIRE
Le projet, qui couvre le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo, le Ghana et le Sénégal, a d’abord traversé une phase d’affinement des outils méthodologiques et de recherches de terrain. Les organisateurs ont indiqué que la rencontre de Ouagadougou marque le lancement formel de la phase de diagnostic participatif, destinée à consolider les données et les constats issus des enquêtes antérieures.
Parmi les participants figurent des membres de l’équipe de recherche, des spécialistes invités, le comité de revue et diverses personnes‑ressources. Les séances alternent présentations plénières et travaux en groupes — photos prises lors de l’atelier montrent les participants divisés en équipes de travail pour élaborer des pistes opérationnelles.
Enjeux, constats et démarche
Le coordonnateur de la recherche, le Dr Gountiéni Lankoandé, a expliqué que l’objectif principal est de mesurer, avec précision, l’impact des charges liées à l’eau et à l’assainissement sur les femmes et les filles. Selon lui, il s’agit d’évaluer à la fois la charge physique — notamment le temps consacré aux tâches liées à l’eau — et la charge mentale associée aux responsabilités domestiques et au stress qu’elles génèrent.
Le Dr Lankoandé a également souligné l’existence de charges de renonciation : situations où les femmes ou les filles doivent interrompre une scolarité ou renoncer à une formation pour s’occuper de malades ou assurer des tâches ménagères. Ces phénomènes, notent les chercheurs, contribuent à creuser les inégalités d’accès à l’éducation et aux opportunités économiques.
Le contexte macroéconomique et environnemental sert de toile de fond aux travaux : inflation et impacts du changement climatique accroissent la pression sur les ménages, entraînant une augmentation des travaux agricoles et des responsabilités domestiques. La recherche conduite par le GRAAD met en garde contre le risque d’un surcroît de charges qui pèse davantage sur les populations vulnérables si des mesures d’allégement ne sont pas intégrées dans les politiques publiques.
Durant les deux jours, les participants sont appelés à produire un diagnostic participatif fondé sur les données recueillies et à définir des recommandations pratiques. L’ambition affichée par les organisateurs est d’influencer les décideurs afin que les futures politiques d’accès à l’eau et de lutte contre le changement climatique tiennent compte des contraintes spécifiques pesant sur les femmes et les filles

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