Burkina Faso lance deux mini centres de données
Le gouvernement burkinabè a inauguré deux mini-centres de données destinés à renforcer l’infrastructure numérique nationale et à accroître la souveraineté des données. Ces installations offrent une capacité de stockage combinée d’environ 3 000 téraoctets — soit dix fois la capacité des systèmes précédents — et sont présentées comme un élément clé de l’initiative « zéro données externes ». Le projet, chiffré à près de 16 milliards de francs CFA (environ 28,9 millions de dollars), doit permettre d’héberger localement des plateformes administratives et de réduire la dépendance vis-à-vis d’infrastructures étrangères.

SOMMAIRE
Les deux mini-centres peuvent prendre en charge plus de 7 000 machines virtuelles connectées. Selon le ministère de la Transition numérique, des Postes et des Communications électroniques, chaque ministère pourra déployer entre 100 et 300 serveurs virtuels pour loger ses applications et services numériques, facilitant ainsi la gestion interne des données publiques. Les autorités insistent sur le gain de capacité et sur la modernisation des outils d’hébergement.
Outre l’augmentation de capacité, le gouvernement avance un objectif économique : des économies estimées à environ 30 milliards de francs CFA (soit près de 54 millions de dollars) sur une période de cinq ans, principalement grâce à la diminution des frais d’hébergement à l’étranger. Le ministère a qualifié ce chantier d’étape intermédiaire vers la construction d’un futur « Big Data Center » national, destiné à rapatrier les données de l’administration publique et du secteur privé actuellement hébergées hors du territoire national.
Souveraineté, résilience et projets complémentaires
Ces nouveaux centres font partie des douze projets phares définis dans la feuille de route de transformation numérique du pays. Ils sont explicitement liés à la politique visant à maintenir sur le sol national les informations sensibles et à en assurer la gestion par des structures locales, sous l’étiquette de l’initiative « zéro données externes ».
Parallèlement aux travaux d’hébergement, d’autres opérations visant à étendre et sécuriser l’écosystème numérique burkinabè ont été menées ces derniers mois. En décembre 2025, l’opérateur Télécel Faso a lancé le déploiement de 300 sites de télécommunications — comprenant des antennes et des pylônes — pour desservir 750 zones mal couvertes, dans le cadre d’un plan gouvernemental d’extension de la couverture.
En septembre 2025, l’État a signé un protocole d’accord avec Presight International Services, filiale du groupe G42 basé aux Émirats arabes unis, pour renforcer certaines composantes de l’économie numérique nationale. Cette coopération s’inscrit dans une stratégie visant à mobiliser des partenaires internationaux tout en conservant la maîtrise de l’hébergement des données.
Sur le plan réglementaire et opérationnel, des rencontres bilatérales ont été organisées : en août 2025, le régulateur burkinabè ARCEP et l’Autorité nationale des communications du Ghana se sont entretenus pour traiter des problématiques d’interférences transfrontalières de signal. Des accords techniques et des échanges d’expertise ont été évoqués pour limiter les perturbations entre réseaux voisins.
Plus tôt, en juillet 2024, la filiale burkinabè d’Orange a retenu Vox Solutions pour assurer la gestion du trafic A2P SMS et passerelles vocales internationales à destination de son réseau. Enfin, en novembre 2023, le gouvernement militaire a engagé l’élaboration d’un projet de loi relatif à la cybersécurité.

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