« 31 plaintes et toujours sur scène » : Patrick Bruel , le fils de Gisèle Pelicot s’en mêle et dénonce l’omerta autour de l’artiste
Couverture complète sur
Patrick Bruel
SOMMAIRE


Patrick Bruel est né le 14 mai 1959 à Tlemcen, en Algérie française. Artiste polyvalent et figure majeure de la scène culturelle française, il mène une double carrière prolifique de chanteur et d’acteur, marquée par un succès phénoménal au début des années 1990 baptisé la Bruelmania. Père de deux enfants issus de son mariage passé avec l’écrivaine Amanda Sthers, il est également reconnu mondialement comme un joueur de poker professionnel de haut niveau. Son influence s’étend du cinéma, avec des rôles marquants dans Le Prénom ou L’Union sacrée, à la chanson française où il enchaîne les albums certifiés disques de diamant.
Un fils de victime qui monte au créneau. David Pelicot, fils aîné de Gisèle Pelicot, a décidé de sortir du silence et s’en prendre à Patrick Bruel en publiant, ce vendredi 21 août 2026 sur Instagram, un texte sans concession contre le chanteur mis en examen dans quatre affaires et visé par une trentaine de plaintes pour viols ou tentatives de viol.
« 31 femmes. Et le silence des hommes, lui, n’a pas bougé d’un pouce », écrit-il notamment, avant de tacler frontalement les fans, l’industrie musicale et les organisateurs des Enfoirés. Un texte qui tombe en pleine polémique. En effet, le maire de Chartres refuse d’accueillir le concert censé ouvrir la tournée de l’artiste le 2 octobre prochain.
Le maire de Chartres ne veut pas de Patrick Bruel
Depuis début 2026, au moins 31 femmes en France, en Belgique et au Canada accusent Patrick Bruel de viols et d’agressions sexuelles pour des faits survenus entre 1991 et 2019. Des accusations qui ont entraîné sa mise en examen en juin 2026. Mercredi 19 août, une plainte supplémentaire est venue grossir le dossier, portant à une trentaine le nombre de procédures visant le chanteur, mis en examen dans quatre affaires distinctes. À ce stade de l’instruction, aucune condamnation n’a été prononcée. De fait, la présomption d’innocence s’applique pleinement.
Sur scène, la partition se complique. Les concerts prévus cet été puis en septembre ont en effet sauté, mais une trentaine de dates tiennent toujours, à partir du 2 octobre. Premier arrêt : Chartres, en Eure-et-Loir. Un choix que le maire Ladislas Vergne rejette en bloc. « Je souhaite que la justice puisse faire sereinement son travail », a-t-il déclaré à franceinfo, ajoutant s’attendre « à une annulation de cette tournée » qu’il juge « prématurée ».
Aucun contrat ne lie pour l’instant sa mairie à la production, seulement une option de réservation de salle, qu’il promet de lever si le concert est maintenu sans, selon lui, coûter un euro à la commune. Les Enfoirés, dont Patrick Bruel était membre depuis 1993, ont eux tranché à leur façon : le chanteur s’est éloigné de la troupe caritative, sans aucune communication publique sur les accusations.
David Pelicot, une colère qui ne date pas d’hier
David Pelicot connaît le prix du silence et c’est pour cette raison qu’il a souhaité donner son avis sur Patrick Bruel. Fils aîné de Gisèle et Dominique Pelicot, il avait déjà pris la parole en novembre 2024 devant la cour criminelle du Vaucluse, au procès des viols de Mazan. Un procès au cours duquel son père a écopé de vingt ans de réclusion criminelle pour avoir drogué son épouse pendant près de dix ans et livré son corps, inconsciente, à des dizaines d’inconnus recrutés en ligne.
À la barre, David Pelicot avait dénoncé une violence qu’il jugeait tapie en son père « à travers une échelle de fantasmes non réalisés ». Depuis, il prend régulièrement position publiquement contre les violences sexuelles.
C’est pourquoi, concernant Patrick Bruel, il n’a pas souhaité rester muet plus longtemps. « 31 femmes », martèle-t-il en ouverture de chaque paragraphe de sa publication Instagram, avant de saluer le courage de celles qui portent plainte « sachant ce que cela coûte » entre les menaces, le doute public, et les années de procédure. Mais son réquisitoire s’adresse surtout aux hommes. Ceux qui ont grandi avec les chansons de Patrick Bruel, ceux qui ont dansé sur Casser la voix « à un mariage, un anniversaire, une boum de collège », mais aussi les professionnels de la musique, les responsables politiques, les éditorialistes et les organisateurs des Enfoirés. « Trente-quatre ans », écrit-il, pour que ces derniers se séparent de l’artiste « discrètement, sans un mot sur les victimes ».


Commentaires