Vives tensions au Burkina: Roch Kaboré doit-il craindre pour son poste?

Depuis quelques semaines, le climat sociopolitique au Burkina Faso est marqué par des manifestations de grande envergue. La population et l’opposition très en colère, demandent à l’Etat de prendre ses responsabilités pour notamment, restaurer le tissu sécuritaire fragilisé et fragmenté par des attaques terroristes légions.

Le président Roch Kaboré marche désormais sur la braise. Le chef de l’Etat pris à parti par l’opposition et la population, en raison de la situation sécuritaire précaire du pays, a procédé mercredi, à un remaniement de son gouvernement dans l’espoir de combler les attentes de la population et notamment, celles de l’opposition qui demande la démission du Premier ministre du gouvernement et de son ministre de la Défense.

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Selon la nouvelle nomenclature du gouvernement, c’est le président Roch Kaboré qui gère désormais le ministère de la Défense, après avoir limogé Moumina Chérif Sy. Dans ses nouvelles fonctions, le chef de l’Etat bénéficie de l’assistance du colonel Aimé Barthélémy Simphoré, nommé ministre délégué à la Défense auprès de la présidence du Burkina Faso. Parallèlement, il a nommé Maxime Koné au poste du ministre de la sécurité qu’occupait Ousséni COMPAORÉ. Un grand réaménagement accompagné d’un appel à l’union, qui n’aura malheureusement pas le résultat escompté.

En effet, l’opposition n’est toujours pas convaincue et reste sur ses gardes. Il en est de même pour les hommes intègres pour lesquels, la « touche de Kaboré » n’inspire aucune assurance. D’ailleurs, beaucoup sont-ils, qui ont décrié le message à la nation prononcé par le chef de l’Etat.

« Aucune annonce concrète, c’est rien que du verbiage », s’est offusqué un internaute burkinabé. « Nous ne sommes plus à l’heure des discours, mais celle des actions concrètes« , a renchéri un autre. Dans ce pays sahélien, le dialogue politique entamé est désormais au point mort, l’opposition s’étant retirée du lot.

Un gouvernement « incapable »

Alors que le mouvement de la société civile, Balai Citoyen, a déposé mardi, une plainte contre le gouvernement burkinabé pour « non assistance à personne en danger », au regard des nombreux attentats terroristes, l’opposition pointe du doigt accusateur un gouvernement « incapable » de trouver de réelles solutions aux maux qui minent le pays.

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Le chef de file de l’opposition dénonce «notamment l’absence de résultats probants dans la gestion de la crise sécuritaire», et a exprimé la déception de l’opposition sur les nominations aux postes stratégiques de sécurité. « Nous attendions un ministre d’État à la guerre et non un ministre délégué à la défense. Je ne critique pas Maxime. Mais nous nous attendions à un homme de tenue à la sécurité », indique le chef de file de l’opposition, pour qui le président Roch Kaboré a « peur des militaires ».

Roch Kaboré a-t-il saccagé les acquis et idéaux de l’insurrection?

En octobre 2014, Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, a quitté le pouvoir après 27 ans de règne. Il a été chassé par la rue dont la colère était inébranlable. Après son départ, les burkinabé ont remis leur destin aux mains de Roch Kaboré qui, selon eux, incarnait les acquis et les idéaux de l’insurrection.

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5 ans plus tard, les burkinabé semblent ne plus voir en leur chef d’Etat, l’assurance et les valeurs intrinsèques qu’il incarnaient. Alors qu’il vient d’entamer son deuxième mandat, Roch Kaboré se heurte à une montée de manifestation incroyable. De Kaya, à Ouagadougou et dans d’autres villes, l’opposition et la société civile ont battu le macadam.

Corruption, situation sécuritaire instable, mauvaise gouvernance, départ des forces françaises et soutien aux Forces de défense et de Sécurité, sont entre autre, les points phares que soulignent les manifestants. Du samedi à ce dimanche, l’ampleur des manifestations est montée d’un cran au point de laisser voir, les insurgés de 2014 s’aligner derrière le CDP qu’ils avaient vomi et chassé en plein midi. C’est un secret de polichinelle, la frustration populaire est profonde et si rien n’y fait au sommet de l’Etat, le plus vie possible, les revendications pourraient s’étendre sur d’autres points, voire, conduire au scénario de 2014.

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