RDC – Etat de siège à l’Est: les populations entre regain d’espoir et inquiétude grandissante

L’instauration de l’état de siège dans les Provinces du Nord Kivu et l’Ituri est diversement appréciée par la population congolaise. Alors que certains y voient un regain d’espoir, d’autres craignent, plutôt, que cela ne donne lieu à une situation de non-droit et à une multiplication des bavures policières et militaires.

L’Est de la RDC est devenu « le point d’implosion des mouvements rebelles et des groupes armés, le point d’entrée des forces négatives étrangères, qui y sèment la désolation », a reconnu le président Félix Tshisekedi, qui a décrété l’état de siège dans cette région. L’état de siège donne des droits étendus aux autorités militaires : perquisitions à toute heure, possibilité d’interdire la circulation ainsi que les publications et réunions « de nature à exciter » les populations. Les autorités militaires ont le droit de prendre « toute décision » qu’elles jugeront utile.

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« C’est une formule appropriée. Je crois que c’est la meilleure solution, si l’armée fait bien son travail, on finira par remporter la bataille face à ses hommes qui menacent notre sécurité et l’intégrité territoriale de notre pays », a réagi un Congolais contacté par BENIN WEB TV. « Aujourd’hui, la situation est complexe, certes, mais on ne peut compter que sur ces deux choses de notre armée pour s’en sortir: l’intégrité et le professionnalisme », dit-il.

La méfiance!

Parallèlement, les nouvelles prérogatives accordées aux autorités militaires font accroître l’inquiétude chez d’autres Congolais. En effet, dans l’Est de la RDC, des militaires sont régulièrement accusés de violations des droits humains : viols, assassinats, massacres, exploitation illégale des ressources, vente d’armes aux groupes armés… Et c’est à juste titre que beaucoup craignent que l’état de siège ne donne lieu à une situation de non-droit et à une multiplication des bavures policières et militaires.

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Selon le bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BNUCDH), l’armée congolaise était responsable de 35 % des violations en février 2021, et de 49 % en janvier 2021. « Pour l’instant, on a plus d’inquiétudes que d’assurancesOn aimerait que des mécanismes de protection soient mis en œuvre pour limiter les bavures. Quand on voit comment les manifestations ont été réprimées, et les participants poursuivis en justice, il n’y a pas de quoi être optimiste. », s’inquiète le mouvement citoyen Lucha.

Selon les détails, l’état de siège doit durer 30 jours mais pourra être prolongé plusieurs fois, de 15 jours, par l’Assemblée nationale.

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