Mali, Burkina Faso et Niger appellent à des opérations conjointes à grande échelle contre des extrémistes
Le sommet de l’Alliance des États du Sahel, réuni mardi à Bamako, a confirmé la nomination du chef burkinabè Capt. Ibrahim Traoré à la présidence de la structure et annoncé le déploiement d’un bataillon militaire conjoint attendu à 5 000 hommes, une initiative présentée par ses responsables comme devant immédiatement déboucher sur des opérations d’envergure contre les groupes armés qui ensanglantent la région.

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Traoré, désigné comme nouveau dirigeant de cette alliance créée en 2023 par les autorités militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, n’a pas fourni de précision sur le calendrier ou la nature précise des engagements opérationnels lors de sa brève allocution après le sommet.
Les trois États, qui se sont retirés cette année du bloc régional ouest-africain, évoquent une intensification des coopérations sécuritaires et économiques pour faire face à une situation sécuritaire marquée par la présence d’organisations liées à al-Qaida et à l’État islamique et par une succession de coups d’État ayant fragilisé les forces de sécurité nationales.
Déploiement, alignements géopolitiques et analyses d’experts
Les dirigeants ont confirmé, lors de la rencontre, le lancement récent d’un bataillon interarmées — annoncé comme composé de quelque 5 000 soldats — présenté comme la première étape opérationnelle de l’alliance. Selon la communication officielle, le lancement « doit être suivi par des opérations à grande échelle dans les prochains jours », formulation rapportée comme une directive pour des frappes et patrouilles coordonnées contre les groupes armés.
Le chef de la junte nigérienne, Abdourahamane Tchiani, a également affirmé que l’alliance avait mis fin à « toutes les forces d’occupation » présents sur le territoire des pays membres, allusion aux décisions récentes des autorités nationales d’expulser ou de réduire la présence de partenaires militaires occidentaux, en particulier la France et les États-Unis.
Ces réalignements se traduisent par un rapprochement déclaratif avec la Russie, désormais qualifiée par les autorités de l’un des principaux partenaires sécuritaires, une évolution qui modifie l’équilibre des appuis internationaux dans la région.
Des spécialistes consultés lors du sommet jugent cependant que la crise sahélienne restera difficile à neutraliser. Rida Lyammouri, expert du Sahel au sein du Policy Center for the New South, a rappelé la complexité du théâtre d’opérations, où rivalités locales, fractures étatiques et réseaux jihadistes rendent toute solution militaire partielle.
Ulf Laessing, responsable du programme Sahel à la Konrad Adenauer Foundation, a souligné que ce deuxième sommet annuel illustre une coopération croissante entre Bamako, Ouagadougou et Niamey, malgré des relations internationales en grande partie gâtées par des sanctions et des critiques. Il a noté que l’alliance bénéficie d’une popularité parmi les populations des trois pays et cherche à approfondir la coopération au-delà des seules opérations militaires transfrontalières.

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