Italie : la stratégie africaine de Rome recentrée sur le Gabon
L’Italie a lancé le plan Mattei, doté de 5,95 milliards de dollars (environ 3 570 milliards FCFA), pour renforcer sa présence économique en Afrique, en privilégiant la sécurisation des approvisionnements énergétiques, le soutien aux entreprises italiennes et le développement d’infrastructures. Le Gabon, producteur d’hydrocarbures engagé dans une relance de ses projets énergétiques, est identifié comme un point d’appui clé de cette stratégie, dont des rencontres de haut niveau entre Rome et Libreville ont déjà posé des jalons.

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Les échanges commerciaux entre les deux pays illustrent ce rapport asymétrique : selon les données Comtrade, les exportations gabonaises vers l’Italie ont atteint près de 594 millions de dollars en 2023, principalement sous la forme de pétrole brut, tandis que les exportations italiennes vers le Gabon se situent autour de 50 à 60 millions de dollars par an. Ce déséquilibre commercial met en lumière à la fois la dépendance gabonaise aux revenus pétroliers et le potentiel de croissance des livraisons de biens d’équipement, d’ingénierie et de services par des entreprises italiennes.
Sur le plan diplomatique, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a reçu à Rome en octobre 2025 le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. Les entretiens ont porté sur des projets énergétiques et des infrastructures structurantes, ainsi que sur les modalités de coopération technique et financière entre les deux gouvernements.
Projets concrets et déploiement régional
La phase opérationnelle du repositionnement italien commence à se matérialiser par des visites de groupes de construction et d’ingénierie. Le groupe Todini Costruzioni Generali a été reçu à Libreville dans le cadre d’un calendrier d’accélération de plusieurs chantiers : la relance des barrages hydroélectriques de Booué et de Tsengué-Lélédi, la construction de 305 km de routes dans la province de la Nyanga et la réhabilitation de bâtiments administratifs. Ces initiatives correspondent aux trois axes affichés du plan Mattei : énergie, infrastructures, ancrage industriel.
Les secteurs identifiés pour un engagement italien plus soutenu comprennent l’ingénierie hydraulique, les réseaux électriques et les partenariats dans le domaine des hydrocarbures, domaines où plusieurs entreprises italiennes disposent d’expertises exportables. Des échanges entre sociétés italiennes et autorités gabonaises sont en cours pour préciser les montages financiers et les calendriers d’exécution des projets déjà évoqués.
Au-delà du Gabon, l’Italie cible une zone plus large en Afrique centrale. Le Cameroun, avec une population de plus de 27 millions d’habitants et la première économie de la CEMAC, figure parmi les marchés prioritaires. La République du Congo et la Guinée équatoriale, tous deux producteurs d’hydrocarbures, ainsi que le Tchad et la République centrafricaine, sont également cités dans l’architecture régionale du plan Mattei.

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