« Gare aux haters » : pouvoir de séduction retrouvé et nouveaux diktats du corps parfait
Jennifer Lopez fait l’objet d’une nouvelle vague de critiques sur les réseaux sociaux pour son apparence et ses prises de parole sur la sexualité à 56 ans, suscitant débats et réactions polarisées autour de l’âge, du corps et de la visibilité des femmes célèbres.

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Des commentaires qualifiés de désobligeants ont ciblé la star ces derniers jours, certains internautes jugeant ses tenues et son attitude « trop sexy » pour son âge. Ces attaques ont été relayées par des médias people qui citent des propos virulents diffusés en ligne, illustrant l’ampleur et la tonalité des échanges sur la toile.
Céline Tran, coach et coordinatrice d’intimité, appelle à relativiser l’importance accordée à ces voix numériques et pointe le mécanisme de surreprésentation des opinions hostiles sur les plateformes : « Lorsqu’il s’agit de réactions virulentes sur les réseaux sociaux, il est tentant de penser qu’elles sont représentatives de toute une société. Mais attention ! Ceux qui critiquent ne sont pas forcément majoritaires. »
Jennifer Lopez, « too much » à plus de 50 ans ? Le bruit médiatique fausse la perception
Pour appuyer son propos, Céline Tran cite des recherches sur la participation minoritaire dans les débats en ligne. Selon une étude évoquée dans les documents consultés, « 72,6 % des utilisateurs se penseraient minoritaires alors qu’ils ne publient jamais leurs opinions, ce qui fausse totalement la représentation des positions réelles. » Ce chiffre sert à relativiser l’idée que le « bad buzz » observé reflète automatiquement une opinion collective.
La spécialiste rappelle également que les contenus négatifs retiennent plus l’attention : ils « font le plus de bruit » et marquent davantage les esprits, un phénomène documenté par des travaux publiés dans la revue Nature qui montrent la prévalence de l’attention portée aux messages négatifs sur Internet. Résultat, quelques voix très actives peuvent donner l’impression d’un rejet massif alors que la réalité statistique est plus nuancée.
Le corps féminin constitue, d’après Céline Tran, une cible récurrente des commentaires en ligne. Elle souligne que « une femme sera toujours plus commentée autour de son physique, qu’un homme, en bien, comme en mal » et rappelle la variabilité des standards imposés aux célébrités féminines, citant des exemples de jugements contradictoires visant d’autres personnalités.
Le vieillissement et les techniques de rajeunissement alimentent eux aussi la moquerie : la coach note que les pratiques de médecine et chirurgie esthétiques, et particulièrement celles perçues comme des « échecs », sont régulièrement tournées en dérision, constituant une double peine pour les femmes tentant de rester visibles dans un milieu valorisant la jeunesse.
Sur la question du genre des critiques, Céline Tran observe que la réprobation n’est pas uniquement masculine : « La critique, elle, est non genrée et ne connaît pas de limite d’âge », souligne-t-elle, évoquant la sévérité des commentaires venant parfois d’autres femmes.
Dans une interview récente, Jennifer Lopez revendique une sexualité « active et libre », posture qui alimente le débat compte tenu de son statut de figure mondiale de la sensualité et de son âge. Céline Tran invite à interroger ce qui dérange réellement les commentateurs : l’expression du plaisir, le célibat assumé ou le fait de le faire après cinquante ans ?
La coach ajoute que les perceptions varient selon les cultures : aux États-Unis, l’audace et le culte de la personnalité sont souvent valorisés, alors qu’en France ces comportements peuvent être perçus comme arrogants ou inappropriés. « Ce qui choque quelque part, est admis ailleurs », précise-t-elle.
À propos des réactions françaises, Céline Tran conclut : « Il n’est pas certain que Jennifer passe de mauvaises nuits à cause des détracteurs gaulois, et c’est tout ce qu’on lui souhaite ! »

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