Deux mini‑centres de données lancés pour renforcer la souveraineté des données au Burkina Faso
Le gouvernement du Burkina Faso a inauguré vendredi deux mini centres de données publics dotés d’une capacité totale d’environ 3 000 To, une infrastructure que le ministère de la Transition numérique, des Postes et des Communications électroniques présente comme une multiplication par dix des capacités existantes et comme une étape vers la souveraineté numérique nationale.

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Selon un message publié sur la page Facebook du ministère, les deux installations, mises en service par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, peuvent supporter plus de 7 000 machines virtuelles. Le ministère précise que chaque ministère pourra déployer entre 100 et 300 serveurs virtuels dédiés à l’hébergement de plateformes numériques administratives.
Le coût de l’opération est évalué à 16 milliards de francs CFA (environ 30 millions de dollars), et l’exécutif avance une économie estimée à 30 milliards de francs CFA sur cinq ans grâce à la réduction des frais d’hébergement des plateformes gouvernementales à l’étranger.
Caractéristiques techniques, exploitation et positionnement stratégique
Les mini centres de données présentent une capacité de stockage cumulée d’environ 3 000 téraoctets, chiffre que le ministère compare à l’infrastructure antérieure pour justifier un gain de capacité d’un facteur dix. La configuration annoncée permettrait l’hébergement simultané de milliers de machines virtuelles, favorisant la virtualisation des services et la mutualisation des ressources informatiques au sein de l’administration.
Le ministère indique que l’exploitation des installations sera assurée par des équipes techniques nationales. Cette gestion locale est présentée comme un moyen de renforcer les compétences internes, de favoriser le transfert de savoir-faire et d’inscrire la maintenance des infrastructures dans un dispositif national.
Intégrés à un ensemble de douze projets majeurs de transformation numérique, ces mini centres constituent, selon la communication officielle, une mesure transitoire en attendant la construction d’un grand centre de données national. L’objectif déclaré est le rapatriement des données de l’administration publique et du secteur privé actuellement hébergées à l’étranger.
Sur le plan opérationnel, l’hébergement local est évoqué comme un levier pour diminuer la dépendance aux prestataires étrangers, réduire les délais de latence pour les services publics numériques et exercer un contrôle plus direct sur la localisation et la sécurité des données. Le ministère met en avant l’argument économique des économies d’échelle et des coûts d’exploitation moindres à terme, chiffrés dans sa communication officielle.
La mise en service des deux mini centres a été formalisée par une cérémonie de lancement présidée par le Premier ministre, accompagnée d’annonces chiffrées et d’un engagement à poursuivre le déploiement des autres projets du plan national de transformation numérique, visant le rapatriement de l’ensemble des données publiques et privées actuellement hébergées à l’étranger

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