Côte d’Ivoire, Mali et Burkina Faso confrontés à des fractures politiques

Côte d’Ivoire, Mali et Burkina Faso partagent une histoire coloniale, des liens culturels et des trajectoires économiques entremêlées; pourtant, ces similitudes coexistent aujourd’hui avec des fractures politiques marquées qui reconfigurent les équilibres régionaux. Cet article s’appuie sur le dossier publié par African Arguments et signé Gael Zozoro le 12 janvier 2026 pour analyser comment les questions de souveraineté, de sécurité et d’alignements diplomatiques remettent en cause des solidarités autrefois considérées comme naturelles entre ces trois États francophones.

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SOMMAIRE

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Sur le plan historique, ces pays ont été façonnés par des institutions administratives, des réseaux migratoires et une langue commune hérités de la période coloniale française. Cette matrice partagée a favorisé des échanges commerciaux et humains transfrontaliers, des pratiques institutionnelles proches et une interconnexion des élites politiques et économiques. Ces continuités structurent encore les politiques publiques et les perceptions mutuelles entre les capitales.

Mais la réalité politique s’est complexifiée. Divergences de gouvernance, réponses différentes aux crises sécuritaires et recalibrages des partenariats internationaux ont accentué des tensions internes et transnationales. Les débats autour de l’exercice de la souveraineté — définition des priorités nationales, contrôle des forces armées et gestion des alliances extérieures — figurent désormais au centre des désaccords entre acteurs étatiques et non étatiques, sans que des schémas simples puissent rendre compte de la diversité des situations locales.

Les enjeux contemporains : sécurité, économie et diplomatie

En matière de sécurité, l’augmentation des menaces armées dans certaines zones du Sahel a poussé les États concernés à adapter leurs dispositifs — coopérations militaires, contrôles de frontières, stratégies de protection civile — avec des choix qui peuvent diverger fortement d’un pays à l’autre. Ces différences opérationnelles influencent la confiance réciproque et la coordination régionale, et elles alimentent des tensions politiques internes lorsqu’elles sont perçues comme des concessions à des partenaires extérieurs.

Sur le plan économique, la dépendance à des filières d’exportation similaires, la concurrence pour l’attraction d’investissements étrangers et les flux migratoires saisonniers génèrent à la fois interdépendance et rivalités. Les politiques fiscales, les régimes d’investissement et les priorités en matière d’infrastructures sont autant de leviers par lesquels chaque État cherche à renforcer sa résilience économique, parfois au détriment d’une intégration régionale plus poussée.

La sphère diplomatique reflète ces évolutions : redéploiements d’alliances, diversification des partenariats bilatéraux et repositionnements vis-à-vis d’acteurs extérieurs transforment la carte des influences. Ces réajustements ne sont pas seulement le produit de choix tactiques ; ils expriment des visions concurrentes de la souveraineté et du rôle de l’État dans un environnement international en mutation.

Les sociétés civiles et les acteurs locaux jouent un rôle croissant dans la recomposition des rapports de force, par des mobilisations, des initiatives transfrontalières et des demandes de représentation politique qui rendent plus visibles les fractures internes. Le dossier d’African Arguments met en lumière ces dynamiques et souligne la complexité des trajectoires nationales

Article signé Gael Zozoro, publié le 12 janvier 2026

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