Côte d’Ivoire : le PPA-CI lance la 4e édition de la Fête de la Renaissance
En Côte d’Ivoire, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a lancé, mardi 31 mars 2026, les activités de la 4e édition de sa « Fête de la Renaissance ». Prévue du 15 au 17 mai prochain, cette célébration s’inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques entre la formation d’opposition et le pouvoir en place à Abidjan.


Instituée pour commémorer la résistance des peuples africains, cette fête marque également l’acquittement de l’ancien président Laurent Gbagbo par la Cour pénale internationale, le 31 mars 2021. Au-delà de sa dimension mémorielle, cette 4e édition se veut un temps de remobilisation politique, selon Léon Emmanuel Monnet, président du comité d’organisation.
Ce dernier a indiqué que l’événement vise à renforcer la cohésion interne du parti, mobiliser les militants et sympathisants sur l’ensemble du territoire, réaffirmer les orientations politiques du PPA-CI et favoriser un cadre de réflexion sur les enjeux nationaux et africains. Cette initiative intervient dans un climat politique marqué par des divergences persistantes entre l’opposition et le pouvoir, notamment autour de la contestation de l’élection du président Alassane Ouattara, que le camp Gbagbo estime contraire aux dispositions constitutionnelles.
Lors du lancement, Léon Emmanuel Monnet a dénoncé un processus électoral qu’il juge entaché de « graves irrégularités », évoquant également l’exclusion de plusieurs figures politiques majeures, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, de la compétition électorale pour des raisons politico-judiciaires avancées par leurs soutiens.
Il a par ailleurs critiqué la validation d’un quatrième mandat présidentiel par le Conseil constitutionnel, une décision contestée par l’opposition, qui estime qu’elle viole la Constitution. Les manifestations de contestation qui ont suivi ont été réprimées, conduisant à l’arrestation de plus de 1 600 personnes selon les chiffres officiels.
Le gouvernement, de son côté, rejette l’existence de prisonniers politiques. Son porte-parole, Amadou Coulibaly, a déclaré qu’il s’agit de personnes poursuivies pour des infractions de droit commun et non pour des motifs politiques. Parmi les personnes interpellées figurent plusieurs responsables et cadres du PPA-CI, dont Damana Adia Pickass, Moïse Lida Kouassi, Koné Mamadou et Blaise Lasm. Le parti prévoit de mettre en lumière leur situation lors de cette édition de la Fête de la Renaissance.
Dans ce contexte, le PPA-CI, affaibli par ses récents choix politiques — notamment l’absence de candidature à la présidentielle de 2025 et le boycott des législatives de décembre 2025 — entend faire de cette 4e édition un levier de remobilisation en vue des prochaines échéances électorales. Le parti prépare également son congrès ordinaire, au cours duquel Laurent Gbagbo pourrait se prononcer sur la suite de son engagement politique.



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