Centrafricaine : un contrat de 30 millions USD pour l’achat de 300 bus visant à relancer le transport public
À Bangui, le gouvernement centrafricain a signé le 31 mars 2026 un contrat de 30 millions de dollars (soit environ 16,9 milliards de francs CFA) pour l’acquisition de 300 autobus destinés à renforcer le transport public. L’accord, conclu entre le ministère des Transports et de l’Aviation civile et le groupe britannique DSR Group, a été paraphé en présence du président Faustin-Archange Touadéra et vise à répondre à la forte demande de mobilité urbaine et régionale.

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Le programme prévoit la mise en service d’une flotte composée de modèles dits Hawk, Falcon et Freedom, offrant une capacité moyenne d’environ 60 places par véhicule. La répartition prévue alloue 150 bus à la desserte de Bangui et de sa périphérie, 100 pour les liaisons interurbaines et 50 pour les dessertes régionales. Les équipements seront mobilisés et coordonnés par le partenaire britannique, qui assumera le montage financier et l’organisation logistique du projet.
Actuellement, l’offre de transport dans la capitale reste limitée et largement informelle. Des initiatives privées de petite capacité, comme l’introduction de tuk-tuk par l’entreprise Central Motors sur certains axes — notamment entre le centre-ville et Bimbo — coexistent avec un parc insuffisant pour absorber les besoins quotidiens de déplacement. Le déploiement des 300 bus est présenté par les autorités comme une étape de structuration du transport de masse, mais son impact dépendra de plusieurs facteurs opérationnels et infrastructurels.
Enjeux logistiques, état des routes et rôle du partenaire
La mise en service et l’exploitation effective de la nouvelle flotte se heurtent à la réalité du réseau routier centrafricain. Une note de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), datée du 11 juin 2025, indique que le pays dispose d’environ 24 000 kilomètres de routes, dont à peine 3 % sont bitumés. Le reste du réseau, majoritairement en terre, devient souvent impraticable pendant la saison des pluies, compliquant la circulation surtout hors de l’agglomération de Bangui.
DSR Group, société basée à Londres, est présentée dans le contrat comme l’opérateur chargé du montage financier, de la coordination de la chaîne d’approvisionnement et de la mobilisation des équipements nécessaires. Selon les éléments fournis lors de la signature, le groupe intervient sur des projets d’infrastructures et de financement dans plusieurs régions, avec des références en Afrique de l’Ouest — notamment dans des projets routiers urbains au Ghana — ainsi que des activités industrielles et technologiques en Europe et en Asie.
Parmi les volets évoqués lors de la cérémonie figure l’implantation éventuelle d’unités industrielles locales liées au programme de bus, une mesure présentée comme destinée à soutenir la maintenance et la chaîne d’approvisionnement sur le long terme. Le calendrier de livraison des véhicules, les modalités de financement détaillées et les dispositifs de maintenance n’ont pas été précisés dans les documents rendus publics au moment de la signature.
Les autorités et le partenaire britannique ont signé le contrat en présence du chef de l’État, mais aucun calendrier opérationnel définitif n’a été fourni avant la cérémonie



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