Cameroun : la BEAC maintient son taux directeur à 4,75 % malgré une croissance de la zone CEMAC attendue à 2,9 % en 2026
Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la BEAC, réuni le 2 avril 2026 à Yaoundé sous la présidence de Yvon Sana Bangui, a choisi de maintenir son principal taux directeur (TIAO) à 4,75 %, dans un contexte de croissance mondiale attendue à 3,3 % selon le FMI et de tensions géopolitiques au Moyen‑Orient. La banque centrale a aussi confirmé la stabilité des autres instruments : facilité de prêt marginal à 6,25 %, facilité de dépôt à 0 % et réserves obligatoires fixées à 7 % sur les exigibilités à vue.

SOMMAIRE

La décision de laisser inchangés les paramètres monétaires s’inscrit dans une stratégie de prudence visant à préserver les équilibres internes de la zone CEMAC. Les membres du CPM ont évalué l’impact des chocs externes et des perspectives conjoncturelles avant de valider le statu quo, estimant que la configuration actuelle des taux offre un compromis entre soutien à l’activité et maîtrise des pressions inflationnistes.
Sur le plan macroéconomique, la BEAC anticipe un ralentissement de l’activité dans la sous‑région : la croissance économique de la CEMAC devrait s’établir à 2,9 % en 2026, en repli par rapport aux 3,5 % enregistrés en 2025. L’institution relève toutefois une inflation maîtrisée, attendue en moyenne annuelle à 2,3 %, soit un niveau inférieur au seuil communautaire qui sert de référence dans la prise de décision.
Finances publiques, compte courant et liquidité monétaire
Les projections publiées à l’issue de la réunion font apparaître un redressement des finances publiques : le déficit budgétaire est attendu à 2,2 % du PIB en 2026, contre 4,8 % en 2025. Ce réajustement traduit, selon la BEAC, des efforts de consolidation budgétaire dans plusieurs États membres, même si les détails pays par pays n’ont pas été précisés dans le communiqué.
En revanche, le solde extérieur se detériore : le déficit du compte courant, aides publiques incluses, devrait se creuser à 5,2 % du PIB en 2026, contre 2,9 % un an plus tôt. La banque centrale pointe la vulnérabilité des économies de la zone face aux fluctuations des échanges extérieurs, qui influent directement sur les équilibres extérieurs et la disponibilité des devises.
La BEAC table par ailleurs sur une dynamique de liquidité soutenue et une consolidation de ses avoirs extérieurs. La masse monétaire M3 est projetée en hausse de 11,1 % d’ici la fin de 2026, tandis que le taux de couverture extérieure de la monnaie devrait se renforcer à 68 %.
Sur la base de ces estimations, les réserves de change de la zone atteindraient 4,52 mois d’importations de biens et services, contre 4,22 mois en 2025



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