L’Inde et le Pakistan se déclarent à nouveau la guerre à cause du riz basmati

L’Inde vient de déclencher les hostilités avec son voisin pakistanais en revendiquant la propriété exclusive de l’appellation riz basmati dans l’Union européenne, ce qui porterait un coup majeur aux exportateurs pakistanais, rapporte Al Jazeera.

Qui, de New Delhi ou d’Islamabad, peut revendiquer l’usage de l’indication géographique « basmati » ? Le différend empoisonne les relations entre les deux pays depuis des années. Il vient de rebondir à Bruxelles. Depuis plusieurs mois, l’Inde et le Pakistan se déchirent autour d’un produit issu de leur héritage commun, le basmati, pour savoir lequel sera autorisé à vendre sous cette appellation dans l’Union européenne, ce riz tant apprécié des consommateurs.

L’Inde est le Pakistan sont les deux seuls pays exportateurs de riz basmati, un riz à long grain parfumé cultivé principalement dans la région du Penjab, près de la frontière indo-pakistanaise. Assez peu consommé sur place en raison de son prix élevé, il est en revanche massivement exporté en Europe, qui en consomme 300.000 tonnes chaque année, selon la Commission européenne.

Ces trois dernières années, le Pakistan a progressivement grignoté des parts de marché à son rival, profitant des difficultés de l’Inde à respecter les normes strictes en matière de pesticides, indique Al Jazeera. Le pays fournit désormais les deux tiers de la demande européenne. La tentative de l’Inde pour s’approprier le droit exclusif de l’indication géographique protégée (IGP) du riz basmati en Europe a du mal à passer, d’autant plus que le Pakistan revendique un riz «plus biologique» et «de meilleure qualité» que le riz indien.

Côté indien, on tente d’apaiser le jeu: les autorités affirment qu’elles ne prétendent pas se revendiquer comme le seul producteur de riz basmati, mais l’obtention du statut IGP lui accorderait de fait ce titre. La Commission européenne marche elle aussi sur du velours. Conformément aux règles de l’UE, les deux partis doivent essayer de trouver une solution amiable d’ici septembre. «Il y a déjà eu plusieurs cas d’opposition aux applications d’IGP en Europe, et chaque fois un compromis a été trouvé», veut croire Delphine Marie-Vivien, chercheuse en droit au Centre de recherche agronomique pour le développement (CIRAD).

Le Pakistan espère encore convaincre l’Inde de soumettre une candidature commune. Un début de coopération entre les deux pays: a-t-on le droit de rêver?

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