Bénin: Victor Topanou dévoile des deals iniques conclus avec des députés sous Yayi Boni

Victor Topanou est convaincu de l’opportunité des réformes politiques initiées au Bénin par l’actuel président. Le professeur de droit l’a fait savoir, de nouveau, en déballant les tractations que l’ancien président Boni Yayi était obligé de faire, pour avoir la majorité à l’Assemblée nationale.

Depuis l’instauration du multipartisme au Bénin en 1990, le pays a compté plus de 200 partis politiques. Une situation qui a pour conséquence l’émiettement de la représentation politique au Parlement, ou encore la multitude de candidats à l’élection présidentielle. Plus encore, cette situation a conduit plusieurs anciens présidents à devoir négocier, au prix fort de la corruption, la majorité à l’Assemblée nationale.

Le professeur Victor Topanou, convaincu de l’opportunité des réformes politiques initiées par le président Patrice Talon, l’a fait savoir, de nouveau, en déballant les tractations que l’ancien président Boni Yayi était obligé de faire, pour avoir la majorité à l’Assemblée nationale. Le professeur est même allé loin en donnant des exemples très précis dans la période de 2008 où le chantre du «nouveau départ» avait perdu la majorité à l’Assemblée nationale.

« Pour tenter de reconstruire une nouvelle majorité, il [Yayi Boni, ndlr] a fallu donner des gages de mauvaise gouvernance aux Députés qui acceptaient de le soutenir. » a déclaré Victor Topanou, rapporté par L’Evénément Précis. Et de continuer, « Pour obtenir le soutien du Député Justin Agbodjèté, il a fallu consentir à son parti, l’UTD de Barnabé Dassigli le poste de Ministre de la Jeunesse et des sports, un poste de chargé de mission et un poste de Chef d’arrondissement à Calavi. Il en est de même du Député Kindjanhoundé qui n’a accepté de soutenir le gouvernement qu’à condition d’obtenir un poste de Ministre, un poste de Préfet et des marchés publics. »

Les politiciens, fossoyeurs de l’économie béninoise

« Pour bénéficier du soutien d’un député à l’Assemblée nationale, un Président de la République était obligé de faire tout ça. Sans compter que plus de 80% des Députés sont des opérateurs économiques et que la seule chose qui les préoccupe, ce sont les marchés publics. » a déclaré Victor Topanou au média béninois. Une déclaration qui vient corroborer celle faite par le président Patrice Talon, vendredi 30 avril 2021, sur Rfi et France 24.

« En 2013, il y avait déjà près de 300 partis politiques. Créé un parti politique est devenu le moyen de prendre sa part du gâteau. Les partis politiques sont devenus le couteau avec lequel chacun vient prendre sa part du gâteau et la préserver. » a indiqué le magnat du coton. Et de poursuivre « dans ces conditions, on n’a pu observer, derrière cette façade de démocratie, que le pays était coupé en morceaux, réparti entre les acteurs politiques. Je l’ai constaté en 2016, pour tel parti politique, c’est tel régie financière, c’est la douane, pour tel autre, c’est la direction des impôts, pour tel autre, c’est telle recette douanière de telle frontière. Pour tel autre, c’est telle entreprise, c’est le port, c’est ceci … Le pays était coupé en morceaux , réparti entre acteurs politiques et c’était la règle ».

« Un président élu qui prend fonction à l’obligation de préserver le système afin que chacun ait sa part. A la limite, il peut faire de petits réajustements, redistribuer certaines cartes aux uns et aux autres pour avoir la paix politique. Au parlement, vous le savez très bien, cela caractérisait le Bénin, que pour voter les lois, c’est des valises d’argent que le régime en place envoie au parlement. Une situation burlesque qui a fini par enfoncer davantage le Bénin dans la misère » a constaté le président béninois.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le président Patrice Talon a initié plusieurs réformes pour assainir le système politique et électoral au Bénin. Les partis politiques doivent remplir plusieurs conditions avant d’être reconnus et le parrainage des élus locaux et des députés est requis pour être candidat au scrutin présidentiel. Si au départ, les acteurs politiques, y compris ceux de l’opposition, ont approuvé l’initiative, les langues se sont par la suite déliées. Une situation qui a bouleversé beaucoup d’habitudes électorales.

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